| Période de fabrication : 2000-2024 | Fabricant : Sébastien Motreuil | |
| Domaines : Biologie | Sous-domaines : Biologie animale, Biologie marine | |
| Organisme : Université de Bourgogne | Ville : Dijon | |
| Modèle : | Matériaux : Polychlorure de vinyle (PVC), Plastique, Plastique, Nylon, Aluminium |
Description
Ce prototype fabriqué en 2014 par Sébastien Motreuil du laboratoire Biogéosciences est
composée de sept modules associés et d’un quadra pour définir précisément la
surface des zones d’échantillonnage. Les sept parties sont fixées les unes aux
autres quand l’appareil est en fonctionnement mais séparées pour le transport car
une des contraintes de ce dispositif était qu’il devait être transportable dans
une valise pouvant aller en soute d’un avion car son terrain d’utilisation
principale se trouve dans la mer des Caraïbes. Ce dispositif est inspiré des
systèmes couramment utilisés en archéologie pour aspirer les sédiments recouvrant les épaves. Il permet d’une part, via l’injection
d’air sous pression dans un tube PVC de créer un effet Venturi, provoquant une aspiration
des sédiments et d’autre part de trier ces sédiments afin de garder seulement ceux
d’une taille voulue (ici celle de petits crabes). Une bouteille de plongée de
12L est reliée via un flexible d’alimentation en air à un inflateur lui-même connecté
à la base d’un tube PVC (tube utilisé dans le bâtiment pour fabriquer des descentes
de gouttières). L’utilisation d’un bloc de commande d’inflateur permet de
stopper l’arrivée d’air dès que l’on retire le doigt du bouton d’injection
d’air, élément non négligeable pour la sécurité du plongeur. Le tube PVC est
composé de trois morceaux reliés par des systèmes de goupilles permettant une
fixation rapide et solide. La longueur du tube a été calculée pour permettre
une puissance d’aspiration suffisamment forte pour récolter les sédiments mais
suffisamment faible pour ne pas endommager les crabes (la puissance
d’aspiration est directement liée à la longueur du tube ainsi qu’à son diamètre).
La partie inférieure du tube servant à l’aspiration est recouverte d’un
grillage (maille 10mm) afin d’effectuer une première filtration du sédiment et
ne laisser passer que les sédiments inférieurs à 10 mm. La partie supérieure du
tube est reliée à un tuyau souple d’aspirateur qui se courbe automatiquement
quand l’aspiration est stoppée, ce qui permet de fermer le sac contenant les
sédiments triés. Le tuyau d’aspirateur est relié aux seconds et troisièmes systèmes
de filtration : un filet rigide (grillage plastique, maille 5mm) lui-même
recouvert d’un filet souple (maille 1mm). Le sédiment piégé entre ces deux
filtrations est donc compris entre 1 et 5 mm, soit la taille moyenne des petits
crabes parasites que recherchent les scientifiques.
Utilisation
Ce dispositif
a été construit dans le cadre d’un projet de recherche dans les caraïbes mené
par Bruno David sur la coévolution entre les oursins irréguliers Meoma ventricosa qui vivent dans les
sédiments et leurs crabes parasites Dissodactylus
primitivus. Ce système a permis aux chercheurs de prouver que ces crabes
vivaient une partie de leur vie dans les sédiments et qu’ils ne passaient pas toute
leur vie sur le corps de leur hôte. Avant la fabrication de ce prototype, les
scientifiques creusaient à la pelle dans les quadras et remontaient à la
surface des sacs remplis de sédiments à trier. En plus d’être une tache longue
et fastidieuse, cette façon de faire demandait énormément de temps car la
quantité de sédiments non triés remontée à la surface était 3 fois plus
importante. Ceci était source possible de trois fois plus d’erreurs dans le tri
(les crabes sont très difficiles à voir car les plus gros ne font que 5mm de
diamètre et ont une coloration similaire à celle du sédiment). Autre avantage,
ce système est beaucoup moins traumatisant pour les crabes très fragiles qui
étaient certainement écrasés précédemment lors de la manipulation des sédiments
avec les pelles. Avant ce système, les chercheurs n’avaient jamais trouvé de
crabes « libres » (non fixés sur un oursin), ce prototype a finalement
permis d’en découvrir et de montrer ainsi que ces crabes parasites vivaient
bien une partie de leur vie libre, sans leur hôte.