| Période de fabrication : 1975-1999 | Fabricant : fabricant non renseigné | |
| Domaines : Informatique et Communication | Sous-domaines : Ordinateurs | |
| Organisme : ACONIT | Ville : Grenoble (Isère) | |
| Modèle : | Matériaux : Papier |
Description
L'article de 4 pages appelé Langage de la SEA - CAB 500 - programmation Automatique des Formules est extrait du Colloque sur l'Histoire de l'Informatique en France, Grenoble 3-4-5 mai 1988.
La SEA fut une petite société française innovante qui fusionna ultérieurement avec la CII (Compagnie Internationale l’Informatique) dans le cadre du Plan Calcul de 1966. Cette société est connue pour avoir développé dans les années 1950 des calculateurs « analogiques », en particulier l’OME P2 faisant partie des collections de l’Aconit (sous le n° AC_12222). Par la suite, cette société entame le virage du numérique, puis l'intégration des transistors.
Le CAB 500 est orienté vers le calcul scientifique « numérique », et dispose pour cela d’un logiciel PAF (Programmation Automatique des Formules), objet de l’article. Ce logiciel répond à un besoin similaire au Fortran (FORmula TRANslator), langage défini en 1954 mais non mentionné dans l'article, comme s’il n’était pas encore connu de la SEA. Une similitude du PAF avec le langage BASIC est cependant mentionnée, indiquant qu'il fut développé postérieurement au PAF.
Dans le mode opératoire d’un programme PAF, les instructions sont inscrites à la suite les unes des autres, précédées chacune d’un numéro d’ordre. L’entrée se fait via une machine à écrire et un lecteur de bandes perforées. La programmation peut être interactive, ce qui tranche avec les pratiques de l'époque sans possibilité d’intervention de l’utilisateur en cours d’exécution du programme ("batch"). Cette interactivité de programmation du PAF est due au fait que le CAB 500 est une « petite » machine de coût réduit, destinée à des utilisations de capacités réduites. L’article insiste sur le fait que, pour mettre en œuvre ce langage, le CAB 500 utilise les positions en mémoire (adresses), soit pour y inscrire un nombre (le « contenu »), soit pour y inscrire une autre adresse (le « contenant ») où est inscrit le nombre à utiliser.
Ce langage interactif de haut niveau fait appel à des sous-programmes et branchements conditionnels. Ces sous-programmes doivent être écrits en langage machine et précompilés. La SEA fournissait à ses clients un certain nombre de sous-programmes de base, en particulier les fonctions du calcul mathématique. Ce langage utilise les lettres de l’alphabet ainsi que des symboles mathématiques, dont certains pour caractériser les nombres à exposants traités en virgule flottante.
Pour une comparaison entre le CAB 500 et l’IBM 1620, se reporter à l'article de Jacques André " C'est la faute de l'ordinateur..." en page 7 des actes du même colloque.
Utilisation
Le PAF est une particularité dans l'univers des logiciels de programmation scientifique. Il est particulièrement bien adapté à la machine pour lequel il a été conçu. Cependant, le site - http://www.histoireinform.com/Histoire/+infos2/chr4infg.htm indique qu’une centaine seulement de CAB furent vendues.
Concernant l'auteur, reconnaissant que le développement du langage BASIC est postérieur au PAF (voir page 428), il ne peut que mentionner qu’il en ignorait tout. Mais on peut s’étonner que l’auteur n’ait pas eu connaissance, à l’époque, d'un concurrent direct du PAF, le Fortran, ou s'interroger pourquoi il ne le mentionne pas. Il convient donc de prendre avec précaution ce témoignage apporté par un acteur direct, mais exprimé 30 ans après les faits.