| Période de fabrication : 1975-1999 | Fabricant : fabricant non renseigné | |
| Domaines : Informatique et Communication | Sous-domaines : Ordinateurs | |
| Organisme : ACONIT | Ville : Grenoble (Isère) | |
| Modèle : | Matériaux : Papier |
Description
Titre traduit : SEA a start up company
Une aventure qui termine mal : la SEA, est un article de 12 pages, extrait du volume 1 (p. 375-386) des actes du Colloque sur l’Histoire de l’informatique en France, Grenoble 3-4-5 Mai 1988 (voir fiche Aconit AC_20534). François-Henri Raymond, l'auteur de l'article, a été le créateur de la SEA (Société d’Electronique et d’Automatisme) connue pour avoir créé le calculateur numérique CAB 500 puis le calculateur analogique OME P2.
L'article décrit qu'en 1939-1940, l’auteur a été mobilisé dans la Marine Nationale. Puis durant l’Occupation, il travaille dans une société de distribution d’électricité qui est nationalisée au sortir de la guerre. Il souhaite alors lancer une société, et avec quelques connaissances il crée la SEA en 1948. C’est une Société Anonyme avec pour actionnaires quelques sociétés et des personnes privées, dont l’une est un expert en propriété intellectuelle. La société s’installe à Courbevoie en région parisienne et ses premiers marchés lui viennent de l’Armée de l’Air.
La SEA proposera trois types de produits : calcul analogique, calcul numérique, automatismes industriels. En numérique digital la première réalisation fut en 1950 le Fizeaugraphe, une machine à mots de 16 bits, pouvant fonctionner en double précision, pour effectuer des calculs très spécialisés de mesures en astronomie. Ce n’est cependant pas encore une machine « à programme enregistré ».
Dans cet article, François-Henri Raymond montre qu’à cette époque, il voyage et se renseigne sur les recherches faites à l’étranger : il connaît notamment les écrits de John von Neumann. Son article décrit les technologies électroniques des années 1964 à 1970. Puis il présente les différentes générations des CAB (Calculatrice Automatiques Binaires), avec leurs tambours magnétiques fournis par la société Anglaise Ferranti, l’utilisation du Fortran comme langage de programmation, et en 1956 les premières réalisations utilisant des transistors. Les circuits de calculs logiques des CAB sont peu rapides, encore basés sur une technologie magnétique, les symmag. Les produits suivants seront les SEA 3900 et 4000, avec des enregistreurs sur bandes magnétiques, des machines utilisées pour des applications en gestion. Arrivera enfin le CAB 1500 mettant en œuvre des piles pour la programmation en mémoire.
L’auteur décrit ensuite comment l’aventure va se terminer : des accords défavorables à la SEA seront passés avec la société Bull, avant que celle-ci n’achète les technologies de l’Américain RCA, concurrençant ainsi les CAB 500, puis ce sera les Affaires Bull, avec la prise de contrôle de Bull par General Electric en 1964, puis par Honeywell en 1966. Enfin, il y a en 1966 l’arrivée du Plan Calcul et l’article se termine sans décrire comment peu après, dans le cadre de celui-là, la SEA disparaît dans une fusion industrielle qui conduira à la CII (Compagnie Internationale d’Informatique).
L’article se termine par quatre pages de bibliographie.
Utilisation
Cet article est une illustration des débuts de l’informatique en France. Il fournit des informations précieuses sur l'approche technologique et sur le contexte commercial de cette époque pionnière. Ingénieur de premier plan, François-Henri Raymond est un dirigeant d'entreprise très impliqué dans les questions scientifiques (calcul, mathématiques appliquées) de son temps. Il siégea dans une commission du CNRS, proffessa à Toulouse et Paris.