| Période de fabrication : 1975-1999 | Fabricant : fabricant non renseigné | |
| Domaines : Informatique et Communication | Sous-domaines : Ordinateurs | |
| Organisme : ACONIT | Ville : Grenoble (Isère) | |
| Modèle : | Matériaux : Papier |
Description
Titre traduit : informatization of society
Le Rapport Nora-Minc de 1978, titré L'informatisation de la société est un très gros document de 901 pages.
La numérotation existe mais elle est scindée en 4 volumes et plusieurs parties, ce qui en rend difficile le suivi.
Il y a 126 pages de texte en 3 parties, 12 annexes (coupées en 3 volumes), 10 documents contributifs (en 1 volume).
Du fait du nombre des annexes et des documents contributifs, lesquels proviennent de nombreux contributeurs variés, entre autres des sociétés de conseil (voir par exemple l'annexe-1 sur les réseaux, rédigée par la Société ICS Conseils), ce rapport fournit une masse d'informations sur la situation de l'informatique et des transmissions, en France et à l'étranger, à ce moment là.
Ce rapport avait été demandé par Giscard d'Estaing le président de la République à Simon Nora et Alain Minc, respectivement haut-fonctionnaire et économiste.
Il est resté fameux par son constat prémonitoire du passage "de l'informatique à la télématique". Il peut être énoncé ainsi :
L'informatique explose. Une infinité de petites machines apparaissent, efficaces et peu coûteuses : elles pourraient être synonymes de liberté. A une technique élitiste succède une activité de masse. Dans le même temps, la télématique naît du mariage entre les ordinateurs et les réseaux de transmission. Cette convergence va demain culminer avec l'avènement des satellites universels qui achemineront images, données et sons.
Il utilise le terme de « révolution technologique » pour décrire les effets de l’informatique sur la société.
Utilisation
Ce rapport a eu un très grand retentissement.
(voir par exemple : Jean Bounine, Bruno Lussato, Télématique ou privatique ? : questions à Simon Nora et Alain Minc, Paris : Editions d'Informatique, 1979).
Il annonce à l’avance l’arrivée de l’ère de la « télématique », un mot regroupant les télécommunications et l’informatique.
L’apport principal de ce rapport a été de faire prendre conscience, aux dirigeants du pays, que le mariage de l’informatique et des réseaux électroniques de transmissions des données est inéluctable, porteur de défis à venir, et pour s’y préparer il faut lancer des programmes d’infrastructures et de recherche. Ce rapport décrit comme déjà acquise l’automatisation des systèmes de production. C’est l’époque où, avec l’informatique, les machines et procédés industriels en s’automatisant, permettent d’industrialiser des produits de plus en plus complexes et de plus en plus diversifiés. Le mérite de ce rapport est cependant de voir plus loin et d'anticiper les nouveaux bouleversements que le mariage de l'informatique et des télécommunications va apporter.
Ce rapport stimulera les études et l'industrialisation du Minitel, un produit qui aura en France un grand succès, avant d'être détrôné par l'Internet. Pour les raisons sous-jacentes à l'échec long terme du Minitel, voir Valérie Schafer, « Circuits virtuels et datagrammes : une concurrence à plusieurs échelles », p. 29-48, in Pascal Griset, Alexandre Fernandez (dir.), « Les logiques spatiales de l’innovation (XIX°-XX° siècles) », Histoire, Economie & Société, Paris : Armand Colin, Avril-Juin 2007