| Période de fabrication : 1975-1999 | Fabricant : fabricant non renseigné | |
| Domaines : Physique | Sous-domaines : Electricité | |
| Organisme : Société anonyme des machines électrostatiques | Ville : Grenoble-Meylan (Isère) | |
| Modèle : | Matériaux : Papier |
Description
Titre traduit : History of the company Sames documents
Ce lot de documents sur l'histoire de l'entreprise Sames contient comme pièce centrale le tapuscrit de 116 p. intitulé : De SAMES à SAMES S.A, ou quarante ans d'électrostatique, par Roger Morel, ancien cadre (ingénieur Recherche et Développement) de l'entreprise. Il est suivi de l'article de source inconnue : Trois questions à Roger Morel. Puis, à titre d'illustration complémentaire, d'une Plaquette de présentation de l'entreprise en 1955, et à titre honorifique, d'une lettre de Louis Néel, prix Nobel de physique, à Roger Morel.
De Sames à Sames S.A de Roger Morel (synthèse de Xavier Hiron, le 4/07/2019), décrit les premières années d'une activité florissante :
- 1900 : les machines électrostatiques à influence sont jugées non exploitables scientifiquement ; elles donneront pourtant naissance au gros secteur industriel des projections électrostatiques ;
- 1942 : l'équipe du physicien Louis Néel se replie de Strasbourg sur Grenoble ; il est accompagné de Noël Félici, normalien : le magnétisme devient la physique des champs électriques (selon les équations de Maxwell, le champ électrique est perpendiculaire au champ magnétique, dans le vide) ; puis développement en puissance vers les champs magnétiques intenses ;
- 1945 : le CNRS crée le laboratoire d'électrostatique et de la physique du métal, qui consacre les besoins en activités industrielles en haute tensions continues ;
- 1947 : création de Sames, avec licence exclusive d'exploitation des recherches du CNRS et aide matérielle de l'université de Grenoble ;
les ateliers sont situés au 46 rue Félix Viallet, soit sur le site historique de l'INP-G ; l'ensemble des locaux seront regroupés sur la ZIRST de Meylan en 1972 ;
- les machines-outils d'usinage proviennent des réquisitions en Allemagne au titre de réparation des dommages de guerre.
Au début, l'entreprise produit des générateurs électriques haute tension, sans applications ciblées ; mais rapidement, l'application aux peintures et poudres s'impose comme le vecteur commercial le plus efficace. Première utilisation : poudrage et sulfatage de produits agricoles (Ets Truffaut), puis des allumeurs pour l'automobile en 1950.
Utilisation
A la même époque sont nés les premiers chantiers de peinture électrostatique. Sames va sophistiquer un procédé d'électrification des peintures venu des Etats-Unis à partir de ses générateurs et pistolets à tête rotative. Mais il faut attendre 1958 pour voir la technique passer à l'échelle industrielle. Dans les années 1960 à 1963, les buses fixes à jet Vortex (brevet anglais) sont associées au système de pulvérisation pneumatique et à l'effet électrostatique.
Parallèlement, des applications en haute tension continue sont explorées : rayons X, microscopie électronique, essais diélectriques et appareils de physiques corpusculaire et nucléaire, dont des accélérateurs de particules (première étape à 600 kV), avec applications possibles à l'industrie.
Mais cette dispersion était préjudiciable à l'entreprise, qui perdait en visibilité. Aussi s'est-elle recentrée sur l'industrie de la pulvérisation électrostatique en 1979. Or à cette époque, la firme américaine breveta des procédés découverts et mis en œuvre en France et gagna sur 10 ans ses procès avec la firme Sames. Des interventions officielles conduisirent à la création de la firme Tunzini-Sames, dont le but était le renflouement de Sames.
Heureusement, durant ces années noires, Sames avait développé le poudrage électrostatique dont elle se fit par la suite une spécialité mondiale.