| Période de fabrication : 1950-1974 | Fabricant : Inconnu | |
| Domaines : Environnement | Sous-domaines : Météorologie | |
| Organisme : Observatoire Midi-Pyrénées - OMP | Ville : Campistrous | |
| Modèle : | Matériaux : |
Description
Ce corps de fusée soviétique
Oblako (signifiant nuage en russe), sans poudre ni
détonateur, de couleur rouge, mesurant 2 mètres et pesant une trentaine de
kilos, est une fusée anti-grêle qui sert à réduire la taille des grêlons. Une fois propulsée, elle
peut atteindre une altitude de 6000 mètres et dépoter de l’iodure de plomb ou
de l’iodure d’argent dans les nuages. Elle retombe ensuite au sol. L'iodure de
plomb ou d'argent permet de cristalliser les gouttes d’eau. L’eau se
cristallise autour de ces particules d’iodure de plomb ou d'argent et forment
des grêlons. Pour la même
quantité d’eau dans un nuage, plus le nombre de particules d'iodure de plomb ou
d'argent est important, plus les cristaux de glace dans le nuage sont nombreux et
petits. A contrario, s’il y a peu de particules, les cristaux sont moins
nombreux et donc plus gros. Le but est de réduire
l’impact des grêlons au sol. De plus petits grêlons causent moins de dommages
sur les cultures, la vigne par exemple.
Utilisation
Ce corps de fusée a été offert au centre de recherche
atmosphériques de Lannemezan (CRA) par les Professeurs B. Federer et A.
Waldvogel de l'école
polytechnique fédérale (ETH) de Zürich,
qui ont testé en Suisse la lutte contre la grêle par fusées à l'iodure d'argent : En 1977, une étude pour
réduire l’impact de grêlons au sol a été menée par l’ETH de Zurich dans la région
du Napf en Suisse centrale. Une dizaine
de chercheurs et ingénieurs de l'Observatoire du Puy de Dôme ont participé à
cette campagne. Le CRA faisait alors partie de l'Observatoire du Puy de Dôme
(avant d’être rattaché à l’Observatoire Midi-Pyrénées). Les rampes de lancement
se trouvaient à Eschenbach, Neuenkirch, Wolhusen, Romoos et à Trubschachen. L’évolution
des nuages à grêle étaient surveillée, par radar, depuis Emmen. L’équipe de
recherche mettait en œuvre deux radars
Doppler qui donnaient en 3D la structure dynamique des orages et la
localisation des pluies et de la grêle. En 1985, une autre série
de tests a été réalisée en Argentine avec pour objectif de protéger les
vignobles contre les effets de la grêle. Jean Dessens, physicien au CRA de
Campistrous, a travaillé avec l’ETH de Zurich et a participé au suivi de ces
tests en Argentine en tant que président de la commission de contrôle. « Les résultats étaient mitigés. La mesure de
ce qui se passait dans l’orage n’était pas très bonne. Si on veut mesurer l’impact
de la grêle, il faut placer des capteurs au sol qui mesure l’intensité de la
grêle au sol. Il n’y avait que des radars à grêle en altitude, qui peuvent
servir si on veut étudier l’effet de la grêle sur les avions mais qui ne sont pas
efficace dans le cas de l’étude de l’impact de la grêle au sol sur la vigne. La
grêle a le temps de fondre beaucoup et d’avoir un diamètre très réduit » (Jean
Dessens, entretien octobre 2019).